Interview Globe-trotter : Romain, de romain-world-tour.com

Bonjour à tous,

Il y a quelques jours, Romain Corraze, blogueur globe-trotter sur le blog www.romain-world-tour.com (un blog à ne pas manquer pour tout amateur de voyages) est venu nous rendre visite à Nantes.

Romain s’est créé un profil sur MonNuage : découvrez ses lieux favoris (accompagnés de superbes vidéos) !

Un peu de chauvinisme : voici une petite trace de son passage dans notre belle ville  ! 😉

Ce fut évidemment l’occasion de lui poser quelques questions sur son tour du monde qui a duré un an.
Ses réponses nous en apprennent beaucoup sur l’organisation d’un tour du monde et ses recommandations seront bien utiles à de nombreux voyageurs.
Le tour du monde de Romain, c’est : la Mongolie, la Chine, Hong-Kong, la Thaïlande, la Malaisie, le Népal, le Cambodge, l’Inde, la Jamaïque, les Etats-Unis,  le Mexique, le Chili, l’Argentine, le Guatemala, le Pérou, la Colombie, le Salvador, le Canada, le Brésil, la Russie, l’Australie, la Finlande…
Un voyage longue durée qui fait rêver !

– Des conseils aux voyageurs qui préparent un tour du monde ?

Une bonne organisation. Du prix du billet d’avion au matériel nécessaire, des informations logistiques sur l’obtention des visas à la planification stricte des vaccinations, on se doit d’être informé un minimum ! Etre en veille active sur les destinations que vous envisagez !
Le net regorge de blogs de voyageurs, les forums sont aussi un bon plan : fouillez le web !
Pour le vécu sur place : oser ! Aller à la rencontre des autres et s’ouvrir à l’échange.
Emporter du bon matériel aussi. On ne badine pas sur le sac (sa « maison » pour un an) et les chaussures par exemple.
Enfin : montez un blog ! C’est toujours sympa pour les amis et la famille et puis ça rajoute un challenge supplémentaire à l’aventure.

– Combien de kilomètres parcourus au total ?

C’est une excellente question, je dois en faire le calcul très prochainement, je vous en tiendrai informés ! Mais objectivement, très certainement plus de 50 000, vols inclus.

– Qu’est ce qui t’a donné envie de bouger ? un déclic ?

Ce voyage, c’était avant tout le mélange de plein de choses. La fin de mes études combinée à une passion depuis toujours, celle du voyage. Une année également pour faire le point et souffler avant de se lancer dans la vie active. Un moyen enfin de se lancer à la découverte du monde, de ses habitants et du choc des cultures ! Et oui, un déclic, car un moment, il a fallu se lancer !

– Qu’est ce que ton tour du monde t’a appris ?

Beaucoup, voir énormément, sur moi même. Sur mes capacités à faire face à l’inconnu, à résister sous la pression, à être fort dans les moments difficiles.

A être encore plus débrouillard que je ne l’étais à l’origine je pense. A gagner en organisation, et en ouverture sur le monde en général.

– Pas trop difficile de partir seul ? Tu le recommandes ?

Tout dépend ce que l’on recherche. Je recommande aux personnes à la recherche d’elles-mêmes, aux amateurs d’aventure et de débrouille. Je conseille aussi aux personnes indépendantes et autonomes, qui veulent être libre de vivre au jour le jour, sans avoir à se heurter à des avis contraires par exemple.
Je ne conseille pas forcément aux personnes qui se sentent un peu faible mentalement (goût du risque et de l’aventure), à moins d’avoir le feeling et de vouloir faire changer les choses.

Partir seul est une question de volonté, car lorsqu’il nous arrive une galère, on est souvent tout seul. C’est le point négatif, mais aussi paradoxalement le point fort du voyage, car on apprend à ne compter que sur soi même.

– Des regrets ? Des choses que tu aurais voulu faire ?

Certaines régions du globe que je n’ai pas eu le temps de parcourir, l’Afrique en tête (pour des raisons de budget et de temps)
L’Amazonie et la Bolivie, l’Indonésie et les Philippines (repoussée en raison du Typhon)

Mais avec le recul : tant mieux ! Si on ne laisse rien, que reste t-il pour la suite ?

– Comment s’est fait ton itinéraire ? As-tu laissé une part à l’improvisation ?

J’avais au départ défini les grandes lignes, nécessaires à l’achat des billets d’avion. Mais en même temps, je suis resté très souple (exemple : premier billet d’avion  Paris – Montréal / Deuxième vol : Bogota – Lima !). Laisser une part d’imprévu est essentiel ! Les meilleures expériences proviennent en général de ces moments imprévisibles qui nécessiteront une révision de vos plans. J’ai tendance à prévoir mes itinéraires intra-pays à la dernière minute, qui s’adapte au fur et à mesure de mes rencontres ! Le meilleur exemple que je puisse donner : suivre un Allemand pendant 1 mois en Amérique centrale, au jour le jour, sans aucuns plans pour le lendemain.

– Si tu devais repartir, changerais- tu quelque chose à ta préparation, ton itinéraire ?

Je proposerai à ma petite amie de l’époque de me suivre, quitte à l’attendre pour m’envoler…

– Si tu devais choisir un instant de ton aventure, ce serait lequel ?

Les jours passés à venir en aide aux populations de Hoi An au Vietnam, qui venait d’être ravagé par le typhon Ketsana. Certainement le moment le plus fort de mon voyage (http://www.romain-world-tour.com/vietnam/video-ketsana-vietnam/)

Côté mésaventure : voir la mort en face et sa vie défiler avec le pistolet sur la tempe au Pérou.

– Une anecdote croustillante à nous faire partager (dont tu n’aurais pas parlé sur ton blog !) ? 😉

Lors de mon voyage avec le transsibérien, je venais de passer 48 heures sans dormir dans un compartiment de train rempli de militaires russes imbibés de vodka.

J’arrive ensuite à 3h du matin à Ekaterinburg dans la station de train la plus glauque du monde, peuplée de sans abris sérieusement abîmés par l’alcool. Sans hôtel de booké, je passe une heure dans la gare avant de partir car l’atmosphère commence à devenir pesante. Nous sommes un dimanche matin très tôt, je fais la sortie involontaires des boîtes de nuit du centre ville et je croise alors un groupe d’une dizaine de jeune russe, eux aussi bien éméchés, qui commencent à me jeter des bouteilles de bières dessus. Le verre éclate autour de moi, certains commencent à me courser et s’ensuivra près de 30 minutes de course-poursuite dans une ville qui m’est complètement inconnue, la peur au ventre.

– D’une manière générale, as- tu été bien accueilli dans les pays visités ?

Passons l’anecdote racontée plus haut : le fait d’être français m’a en règle générale d’avoir un accueil irréprochable (lorsque les gens venaient à l’apprendre, leur regard changeaient souvent !). Je dirai donc que oui, j’ai été très bien accueilli, même dans certains pays ou le racisme envers les « blancs » est important (comme la Jamaïque par exemple).

– Des rencontres mémorables ?

Un pécheur ultra pauvre en Jamaïque qui m’a ouvert les portes de son squatt alors que j’étais à la rue, et emmené pécher au milieu des crocodiles ! Un instituteur australien d’une quarantaine d’années qui m’a laissé dormir sur son bateau quelques jours. Un backpacker Allemand au Mexique et un backpacker Anglais en Thaïlande avec qui j’ai respectivement voyagé plus d’un mois. Sinon, des rencontres lors d’un tour du monde, on en fait tous les jours, mais il est vrai que certaines sortent du lot.

J’ai été aussi beaucoup touché par les rencontres avec les associations humanitaires visitées durant le voyage.

– Un endroit qui t’a profondément marqué et que tu recommandes à nos voyageurs ?

La Colombie, qui malheureusement souffre énormément des clichés Narco / Violence / FARC. C’est un pays magnifique, et ses habitants sont sans hésiter les plus accueillants que j’ai pu rencontrer en Amérique Centrale.

– A combien estime- tu le budget nécessaire pour réaliser un tour du monde comme le tien ?
Beaucoup de sponsors t’ont aidé à financer ton projet ?

Pour faire vite, mon voyage m’a coûté un peu plus de 20 000 euros. Cela dit, je me suis permis quelques extras (le voyage en Jamaïque, la plongée avec les requins blancs,…) , et on peut s’en tirer pour moins cher, mais cela dépend de beaucoup de facteurs : pays visités (on « claque » moins au Vietnam qu’aux USA…), distance parcourue, extras, mode de vie…
Au niveau des sponsors, j’ai bénéficié principalement de sponsoring logistique (référencement, prêt d’un GPS, d’équipement,…) mais cela dit, deux contrats de sponsoring sont venus se greffer au projet sous forme de travail.

NDLR : A noter que de nombreuses offres permettent d’acheter des billets d’avion valables 1 an et proposent des grands circuits aériens à des prix très abordables (www.connaisseursvoyage.fr propose notamment des circuits aériens à moins de 2000 euros HT et  Ton Meilleur Tour du Monde référence également différentes possibilités de Pass). De quoi remotiver les voyageurs effrayés par les prix élevés de l’achat de billets d’avion au compte goutte !

– Quels sont tes projets pour le futur ?

Trouver un travail (pour ça on parle alors de futur très proche 🙂 ) et monter un film final sur toute l’aventure !

– Des blogs de globe-trotters comme le tien à nous faire partager ?

Maxime et Delphine, à qui il est arrivé une belle galère récemment et que je suis très régulièrement : http://www.enpistepourlemonde.com/
I Love This Game : http://www.ilovethisgame.fr/
Merci beaucoup Romain, et nous attendons donc ton film final avec impatience… 🙂

Découvrez son tour du monde en photos sur Flickr, et en vidéos sur Vimeo !

Et suivez- le sur Twitter : @romainworldtour et @romaincorraze

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2 réponses à “Interview Globe-trotter : Romain, de romain-world-tour.com”

  1. Maxime 12 avril 2010 6:49 #

    Merci Romain de nous faire de la pub 😉

    Bonne continuation à toi et à monnuage.fr

    Maxime

  2. carte du monde 1 mai 2010 16:28 #

    Merci pour cet article qui m’aide a mieux entrevoir mon propre tour du monde 🙂

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